Le poids du cycliste : influence sur la performance ?

Bien entendu, le poids du cycliste ne fait pas tout et surtout, il n’enlève pas le plaisir qu’on recherche lorsqu’on roule à vélo. Mais, on voit très vite que cette question lorsque les premiers progrès se font sentir et que le cycliste veut plus et mieux. On va voir, dans cet article, de quelle manière le poids du cycliste est au cœur des préoccupations lorsqu’on cherche à améliorer la performance.

La recherche de performance, son amélioration et son optimisation est inhérente au sport. Dans le domaine du cyclisme, la question du poids domine toutes les autres. A haut niveau, c’est ce fameux rapport poids/puissance qui est au centre des préoccupations : recherche d’un poids de corps optimum, réduction du poids du matériel.
Même dans le domaine de l’ultra, cette question est prioritaire : réflexion sur le chargement du vélo, qualité des composants. Les amateurs ne sont pas en reste lorsqu’ils tentent de réguler leur poids par une intensification de la pratique du vélo.

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Nous allons essayer de comprendre pourquoi la question du poids du cycliste est au cœur des préoccupations et surtout nous allons tenter de savoir si cette question vaut réellement la peine d’être posée.

Le poids du cycliste : quelques notions de physique

Et c’est du côté de la physique qu’on va chercher les réponses pour comprendre l’influence du poids sur la performance du cycliste. Si le poids est considéré comme un ennemi (être trop gros), en physique, il est également maltraité, confondu dans le langage courant avec la notion de MASSE. Dans cet article, par facilité, nous utiliserons le terme POIDS.

poids du cycliste

Le poids est affecté par la pesanteur qui l’attire vers le bas. Mais cette force de traction se traduit, également, par une force de réaction qui réagit vers le haut. En somme, un équilibre entre traction et réaction.

Il est également important de rappeler que le poids ralentit la vitesse de déplacement d’un objet : plus il est lourd, plus il est difficile à déplacer. 

Les frottements, freins au déplacement du cycliste

D’ailleurs, s’oppose au déplacement un ensemble de forces, des frottements qui vont exiger de fournir en permanence de l’énergie pour lutter contre les effets du vent, la résistance de l’air, la mécanique du vélo et les réactions de la route. C’est ce que nous verrons dans les différentes situations que nous allons présenter ci-dessous. 

La résistance de l’air, ennemie du cycliste

Mais avant d’aller plus loin, ouvrons une parenthèse : la résistance la plus importante au déplacement est celle de l’air. Sans vent et sur le plat, il faut environ 4 fois plus de puissance pour passer de 15 km/h à  30 km/h. Et plus la vitesse est élevée, plus la puissance nécessaire pour déplacer le cycliste augmente. Par exemple, passer de 30 km/h à 60 km/h nécessite 8 fois plus de puissance. 

Impact du poids du cycliste sur le plat

Si le cycliste le plus lourd a besoin de plus de force pour se mettre en mouvement (moment d’inertie), son inertie lui permet de maintenir sa vitesse. C’est ainsi que dans un environnement identique, sur un parcours plat, le cycliste le plus lourd est plus efficace.
Or, il se trouve, qu’en raison des variations du terrain, le cycliste doit sans cesse relancer sa vitesse. A chaque fois, il doit vaincre la résistance offerte par son poids, sa machine et son chargement. Un ensemble plus lourd doit, à chaque fois, mobiliser davantage d’énergie ce qui à la longue pèse sur l’endurance du cycliste.

Dans ces conditions, l’intérêt d’un cycliste, s’il veut performer, est d’abaisser le poids qu’il représente sur la route en jouant sur le poids corporel, celui du vélo mais aussi sur les équipements. Certes, lorsqu’il faut gagner, la performance tient dans les détails où il faut combiner les différents facteurs : inertie, influence de l’air (aérodynamisme, choix des vêtements…), poids total du cycliste, profils du parcours…

Mais également, il faut considérer la durée de l’épreuve et la différence d’énergie à produire selon le poids du cycliste. On pense, par exemple, aux épreuves d’ultra distances où le poids peut avoir, à terme, un rôle dans la performance individuelle. Devoir produire 5 watts de plus pendant 7 jours de course a un effet significatif sur l’endurance.

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Impact du poids du cycliste dans l’effort en montée

Le poids se fait, inexorablement, sentir en montée. Lorsque la route s’élève, l’effet de la pente augmente le poids sur la roue arrière en déplaçant  vers l’arrière l’application au sol de la force de gravité. Tout surplus crée inexorablement une différence. De plus, lorsque le pourcentage augmente, la force nécessaire pour assurer le déplacement augmente également ce qui pénalise les cyclistes les plus lourds. Lorsqu’on roule en montagne, on décrit souvent la sensation d’être constamment “en prise”. Et c’est vrai qu’il faut sans cesse relancer la machine pour vaincre la gravité.

2 kg de différence, c’est économiser 5 watts, c’est gagner 3 minutes sur 14 km d’ascension…

Pour parvenir au sommet d’ Hautacam en 1h20, deux cyclistes pesant 52 kg, l’une étant assise sur un vélo de 8 kg et l’autre 10 kg l’une va devoir produire 134 W, l’autre 139 W. 5 watts de différence. Si, au final, la plus légère décide de produire 139 w tout au long des 14 km, elle arrive au sommet en 1h17. 

On peut le tourner dans tous les sens, en montée, le cycliste plus léger est soit plus performant soit moins dépensier en énergie. Soit il va plus vite, soit il se fatigue moins vite.

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Impact du poids du cycliste en descente

En descente, le poids du cycliste et de son équipement sont un avantage. Cependant, en descente, la trainée aérodynamique du cycliste est importante si bien que cette résistance réduit l’avantage.

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Quoi qu’il en soit, le poids est une donnée significative de la performance à vélo. Il arrive un moment où la cycliste qui veut être performante doit poser cette variable sur la table.

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