Femme et cycliste… mais qu’est ce qui les fait rouler ?

C’est devenu une évidence, de plus en plus de sportifs se lancent dans des défis qui semblent insurmontables, tout au moins au regard de leur profil. Et pourtant, ils sont présents sur la ligne de départ. Nous avons voulu comprendre ce qui pousse des sportifs, souvent inexpérimentés à tenter de telles aventures. Et nous verrons, au fil du texte que les motivations sont bien différentes de celles que l’on pense.
Et on se rend compte que de plus en plus de femmes s’engagent dans ces concepts qui dépassent la notion de compétition et qui les amènent à devenir femme et cycliste.

Plus de 5 000 participants à Paris-Brest-Paris, 15 000 à l’Etape du Tour.
Il faut bien se rendre à l’évidence, les épreuves d’endurance de longue durée sont populaires. Malgré les difficultés…

Lire “Le Paris Brest Paris d’Elisabeth Taupiac

La popularité des courses d’endurance

C’est vrai pour le vélo, mais aussi pour le running et le triathlon. Des courses de longues distances où le nombre d’inscrits explose d’une année sur l’autre.

Démocratisation et féminisation

Le nombre d’inscrits augmente et touche de larges portions de sportifs dans toutes les catégories socio-professionnelles et de tout âge.
On observe aussi que les femmes sont de plus en plus nombreuses au départ de ces épreuves de longue durée. C’est particulièrement vrai pour les activités de running. Un peu moins pour le vélo.
Les sports d’endurance restent le domaine des hommes notamment lorsqu”ils sont pratiqués en compétition.

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Des épreuves exigeantes

Ce qui caractérise principalement les sports de longue durée, c’est l’effort considérable qu’il faut mettre en oeuvre à la fois pour y participer mais aussi pour s’y préparer. On peut même parler de souffrances physiologique et psychologique tout en considérant le temps qu’il faut consacrer pour une préparation adaptée.

Des prédispositions naturelles ?

Pendant très longtemps, on a pensé que ce type d’épreuve était réservé à des sportifs disposant des qualités requises pour aller au terme de ces courses bien spécifiques. Aujourd’hui, en observant les classements, on se rend compte de l’extrême hétérogénéité des niveaux. Et souvent, des sportifs qui n’ont pas des prédispositions naturelles à ce genre d’exercice.

De l’ordinaire à l’extraordinaire

A partir de ces premiers constats, il nous semble intéressant de comprendre ce qui amène des individus, somme toute, ordinaires, à se lancer dans des épreuves extraordinaires.

Plus de sportifs

Ce phénomène s’explique par une augmentation générale de personnes pratiquants une activité sportive en France. Parmi les plus 15 ans, 36 millions de Français ont eu une activité sportive au cours des 12 derniers mois soit 66% de la population considérée (Baromètre national des pratiques sportives 2018, réalisé par le CREDOC)

La question de l’identité sociale

Cet engouement est suffisament caractéristique pour qu’on puisse le considérer comme un phénomène social. Olivier BESSY, sociologue, consacre une partie de ses recherches à l’étude des sports d’endurance. Il émet l’hypothèse que l’investissement dans ces pratiques répond à un souci identitaire de définition de soi.

Est-on femme et cycliste pour affirmer une identité ?

Ramener l’engagement d’un sportif à la quête ou à la recherche d’une définition sociale d’eux-mêmes est réducteur. Par exemple, on ne peut pas, systématiquement, penser qu’une femme s’engage sur une épreuve cyclosportive longue durée parce qu’elle veut affirmer son identité de femmes qui fait du vélo dans un sport masculin.

Il n’est pas possible de tout ramener à la construction d’une identité sociale car, dans ce cas on priverait l’individu de sa capacité à penser par lui-même. Un individu qui ne réagirait qu’aux revendications.

De nouvelles exigences

Dans l’ensemble des recherches dans ce domaine, on trouve, en filigrane cet idée que les mutations de la société font peser une pression sur les individus qui s’imposent de nouvelles exigences personnelles. Dès lors, il nous semble important de comprendre ce qui, dans les transformations sociales invite les individus à se tourner vers des pratiques physiques énergétiques difficiles plutôt que vers des pratiques ludiques ou moins exigeantes. 

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L’autonomie en question

Paradoxalement, alors que ces épreuves enferment l’individu dans un carcan, en raison, principalement, des contraintes qu’on s’impose pour y participer, il semblerait que la question de l’autonomie soit une explication principale de cet engouement.
On s’engagerait dans ce type de course parce que le cadre est tellement hors-norme qu’il permet d’individualiser la performance. La distance peut être parcouru à son rythme. Chacun gère le niveau de son engagement comme il le souhaite.
Quel que soit son potentiel et donc sa performance, le sportif a l’assurance que son engagement le sort de la banalité tout en ne versant pas dans le sentiment d’être exceptionnel.

Mettre à l’épreuve ses propres limites

La performance recherchée semble être vis à vis de soi. Le sportif cherche à tester ses limites autant physiques que psychologiques. Sont-elles courageuses ? Oui, car elles savent qu’elles vont souffrir et qu’elles n’iront peut-être pas au terme de l’épreuve.

Comme un miroir

pédales automatiques

Ces courses de longue durée agissent, en quelque sorte, comme un miroir.
Une image très spécifique est associée aux coureurs de ce type d’épreuve : ascétisme, courage, ténacité, effort long et douloureux dans la durée.
Participer à ce type d’épreuve est une manière à la fois de se projeter dans cette image et d’entamer un processus de transformation de soi. C’est un levier pour agir sur son corps physique, psychique et social.

L’intérêt de la réflexion

Cet ensemble de réflexion peut avoir un intérêt pour le développement de la pratique féminine. La course, la compétition ne semble pas mobiliser les femmes. Pourtant, elles peuvent trouver dans ces épreuves de moyenne ou de longue durée des motifs de motivation pour s’engager.
Le prestige des épreuves compte, tout au moins leurs caractéristiques. Elles doivent mettre à l’épreuve les qualités du sportif de manière à les établir concrètement. On parle ici de défi, de dépassement de soi.

Et vous, quel va être votre prochain défi ? N’hésitez pas à partager votre expérience.

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