Et si on allait au travail à vélo ?

Le fait d’aller au travail à vélo a augmenté spectaculairement durant la crise sanitaire du COVID-19, comme une réponse à la promiscuité dans les transports en commun… De nouvelles mesures sont prises pour prolonger cette évolution. Tout semble aller dans le bon sens. Dans ce cadre, le rôle de nos associations est de soutenir et accompagner les néo-utilisateurs pour pouvoir rouler en toute confiance. Explications.

20% des salariés français travaillent à moins de 20 minutes à vélo de leur domicile. Pourtant, seul 3% de salariés utilisent ce mode de transport en France pour aller au travail à vélo. Les micro-mobilités pourraient en théorie assurer tous les déplacements de moins de 8 km, qui représentent 50 à 60% du total en Chine, dans l’UE et aux États-Unis.
Si nous pouvions remplacer les trajets en voiture sur les courtes distances, nous pourrions réduire durablement notre empreinte carbone.

Les trois freins à l’usage du vélo en ville

Des usagers inexpérimentés

Le premier, c’est le manque d’expérience des usagers de la route à la pratique du vélo en ville. Non seulement il faut savoir maîtriser son vélo, l’entretenir et le réparer mais en plus, il faut avoir à sa disposition un équipement de qualité pour aller au travail à vélo confortablement et en sécurité.

La sécurisation de l’espace

Le deuxième, c’est l’absence d’espaces sécurisés pour les cyclistes qui n’ont pas toujours une grande expérience de la route. Il y a donc un réel besoin d’infrastructures cyclables, que ce soient des espaces dédiés au vélo ou des espaces partagés avec des conditions favorables au vélo.

Des entreprises pas prêtes

Le troisième, c’est le manque d’aménagements prévus par les employeurs pour accueillir comme il se doit les néo-cyclistes. Des parkings sécurisés sont nécessaires d’autant plus que ces nouvelles modalités de déplacement vont s”accompagner de l’achat d’un matériel de qualité. Il faut, également prévoir des endroits de stockage des accessoires et des douches, le cas échéant.

Des mesures incitatives pour aller au travail à vélo

1 000 km de pistes cyclables

En quelques semaines, près de 100km de pistes cyclables temporaires ont été mises en place. Le ministère de la Transition écologique a créé pour l’occasion un guide pour accompagner les collectivités. Ce document vise à aider les collectivités et les acteurs des mobilités à mettre en place rapidement des aménagements cyclables provisoires simples pour se déplacer de manière efficace et en sécurité. Souvent, de l’espace peut être gagné sur les voies adjacentes, sans nécessairement modifier le nombre de voies.

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50 € pour remettre en état son vélo ou se former 

Dans le cadre du déconfinement, le ministère de la Transition écologique et solidaire a mis en place le « Coup de pouce vélo », qui permet de profiter d’une prime allant jusqu’à 50 € pour la remise en état de son vélo. Le plan inclut une formation aux usagers qui souhaitent se remettre en selle. Pour en bénéficier, il vous suffit de faire réparer ou de réparer vous-même votre vélo chez un des réparateurs ou ateliers d’auto-réparation référencés. Le dispositif propose également aux particuliers un accompagnement à l’usage du vélo. Il vous faudra néanmoins être patient car les réparateurs croulent sous les demandes. Pour en savoir plus, c’est là : COUP DE POUCE 

500 euros pour l’achat d’un vélo à assistance électrique

L’État et les collectivités accompagnent également les citoyens dans l’achat d’un vélo à assistance électrique. Vous pouvez demander 500 euros d’aides de votre région et votre collectivité ou 200 euros à l’État en l’absence de dispositif local existant. Pour obtenir l’aide étatique la demande doit être effectuée via un formulaire accessible sur le site internet de l’agence de services et de paiement (ASP).  Pour les habitants d’Ile-de-France il faudra vous rendre dans un premier temps vous renseigner sur l’existence ou non de telles aides auprès de votre commune et/ou de votre intercommunalité d’habitation. Vous pourrez ensuite solliciter Île-de-France Mobilités. 

400 euros d’aide dans les entreprises volontaires 

Sachez enfin qu’une fois propriétaire de votre vélo, votre employeur a la possibilité de vous aider à financer vos déplacements pour rejoindre votre lieu de travail. Une incitation fiscale a été mise en place par l’Etat pour encourager les entreprises à verser 400 euros aux salariés prêt à utiliser les mobilités douces (pour remplacer l’indemnité kilométrique vélo). En effet, le forfait mobilités durables vise non seulement à encourager le vélo mais aussi le co-voiturage, les trottinettes ou les scooters électriques en free floating, les vélos partagés et l’auto-partage à motorisation non thermique. L’aide peut être cumulée avec le remboursement d’abonnement transport déjà en place mais l’addition des deux aides ne peut pas dépasser les 400 euros par an. Si le dispositif n’est pas obligatoire dans les entreprises, les salariés ont tout intérêt à se renseigner ou à inciter leur DRH à le mettre en place. 

Se rendre au travail à vélo

La problématique est bien claire : s’assurer que davantage de personnes se rendent au travail à vélo. Et c’est le cas. L’usage du vélo a bondi de 44 % en France lors de la première semaine du déconfinement, en ville mais aussi dans le péri-urbain et à la campagne, selon les données communiquées ce jeudi par l’association Vélo et territoires, qui s’appuie sur 182 compteurs à travers la France. Et « comparée à la même semaine en 2019, la fréquentation cyclable progresse de 11 % ».

Partager la chaussée

La première mesure qui consiste à augmenter le nombre de kilomètres de voies cyclables permet de sécuriser de nouveaux axes de circulation susceptibles d’être utilisés. La mesure est excellente et devrait donner lieu à la pérennisation de ces espaces sécurisés.
On remarque, cependant, que cette réorganisation se fait au détriment des voies de circulation automobile. La cohabitation de deux réseaux est parfois compliqué ce qui génère des tensions et augmente l’insécurité. Même si nous sommes déterminés à développer toute forme de mobilité douce, ce mouvement doit se réaliser à l’avantage de tous les utilisateurs. Pour ces changements puissent devenir pérennes, il faut travailler les uns avec les autres.

Un bel engouement prolongé par des incitations financières

Preuve que les vélos ont la côte, les magasins de vélo et les réparateurs sont submergés de demandes. De toute évidence, selon certains professionnels, on vend autant qu’on répare. Un constat qui s’observe aussi sur le site “LE BON COIN” sur lequel les négociations dans la rubrique vélo ont explosé.
Les incitations financières accompagnent un mouvement global allant dans le sens d’une évolution de la mobilité douce.

Prolonger le mouvement

Les structures évoluent ainsi que les encouragements. Le plus difficile va être de savoir tenir la distance. Tout en espérant que ces comportements perdureront à l’automne et en hiver.
Car, ce qui est en jeu est de l’ordre du culturel. Aujourd’hui, en France, le vélo est considéré comme un sport voire un loisirs mais pas comme un moyen de transport.

L’exemple des Pays-Bas

Prenons l’exemple des Pays-Bas. 20% des déplacements quotidiens se font à vélo et ils concernent 50% de la population. Ainsi, le vélo fait partie intégrante du quotidien. Ce n’est ni une pratique sportive ni une activité de loisirs, la pratique du vélo est utilitaire et banalisée. 
Dans ces conditions, rouler à vélo est naturel, la pratique est familiale et l’expérience est concrète. Non seulement, la pratique est socialement valorisée mais en plus, rouler à vélo tous ensemble contribue au renforcement de ce message positif. 

Le vélo, un style de vie

Le vélo est au cœur du quotidien. Une pratique décomplexifiée qui a des conséquences sur les structures sportives. Puisqu’on roule tous ensemble dans les rues, il est, aussi, tout naturel qu’on se retrouve tous ensemble au sein des clubs. Ce n’est sûrement pas un hasard que les Néerlandaises dominent outrageusement le cyclisme féminin international et que parmi les hommes figurent dans les premières places des classements mondiaux.

Des structures pour soutenir et accompagner

Au pays du Tour de France, le lien entre pratiques sportive et utilitaire n’est pas développé. Les clubs forment des compétiteurs voire des rouleurs. Il n’existe pas, ou très peu de structures qui aident ou qui accompagnent la pratique de loisirs. Celles qui permettent à des débutants/néophytes de sortir de la maison, à quitter la ville pour rouler dans la campagne environnante.

L’interopérabilité des espaces de vie

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Tout cela paraît très simple pour un cycliste confirmé mais reste un compliqué à franchir pour un néophyte. D’autant plus que les infrastructures n’existent pas pour passer du milieu urbain à la campagne, des cheminements balisés sur des parcours de longueurs variables. Ces circuits doivent être agréables, sécurisants et abordables pour y circuler en famille et/ou en loisirs.

Il y donc tout un champ à explorer et à développer pour rendre la mobilité douce pérenne. Un travail de fond pour inscrire la culture du vélo dans la vie quotidienne des français.

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