Portrait de femme cycliste – Laure-Anne Ferrent en tête aux sommets

Dans les Alpes, les virages sont célèbres. Les cyclistes les comptent pour accéder aux sommets. 21 pour parvenir au sommet de l’Alpe d’Huez. 6 pour parvenir au sommet de la Bastille. 6 virages, 2 km, 17% de moyenne. A ce petit jeu, Laure-Anne Ferrent détient le record de la montée chez les femmes. Devant Edwige Pitel, la même qui termine meilleure Française au dernier championnat du monde de cyclisme sur route à Innsbruck. Un record pour elle. Une occasion pour nous de découvrir une jeune femme qui se définit comme une “addict au sport”. Il n’y a pas de championnat pour les “grimpées”. Les comités départementaux Haute-Savoie, Savoie et Isère proposent des trophées ou challenges regroupant des courses de côte sous la forme de contre-la-montre ou de départ en ligne. Les distances sont variables, de 2 km à 15 km selon les ascensions choisies. “La prise de la Bastille” est de 2 km. La “grimpée de la Ramaz” en a 14.

Le trophée des sommets

La course se joue individuellement. Un face à face avec soi-même. Le profil est ascendant. C’est plus ou moins pentu.

Je me suis […] spécialisée dans les grimpées car j’ai plus un gabarit de grimpeuse. Je suis aussi plus à l’aise sur des efforts courts car, étant atteinte de fibromyalgie, c’est un format de course qui me convient. Je récupère plus vite. Ce sont des efforts courts et intenses entre 8 et 20 km en départ collectif ou en CLM.

Des douleurs invalidantes

Laure-Anne Ferrent est atteinte de fibromyalgie. Elle le dit avec beaucoup de simplicité

J’ai 28 ans, et depuis mon enfance, j’ai toujours pratiqué une activité physique pour mon bien être et pour lutter contre les douleurs”.

Peu connue en France, c’est une maladie invalidante. Elle se caractérise par des douleurs des muscles et des tendons le long du rachis. Elle s’accompagne d’une fatigue importante et de troubles du sommeil. La vie quotidienne est altérée.
Laure-Anne Ferrent nous confie

dans ma passion, les douleurs physiques et le stress sont pour moi très difficiles à gérer.

Mais pourtant, c’est à travers le sport qu’elle se réalise. Elle nous avoue

je suis une passionnée de sports d’endurance […] et j’ai la satisfaction de diminuer mes douleurs. Ça peut paraître étrange mais dès que mon corps n’est pas en action, il est beaucoup plus douloureux.

Une passion pour le sport

Je suis addicte”,

Et c’est vrai que son parcours de sportive est éloquent.

A l’adolescence, j’ai débuté l’athlétisme en compétition, j’ai participé à des courses de demi-fond et de cross. A l’âge de 20 ans, j’ai découvert la pratique du vélo car j’avais comme objectif de participer à des triathlon. Le vélo m’a tout de suite passionnée et c’est resté ma pratique principale jusqu’à aujourd’hui. En revanche depuis 1 an, j’ai repris la course à pied et j’ai eu grande satisfaction de participer au championnat de France de cross à Plouay en mars dernier.”

“En débutant, le vélo j’ai rapidement gagné des courses ufolep ce qui m’a donné l’envie de persévérer dans cette discipline. J’ai, par la suite, intégré une DN”.

De la compétition au sport loisirs

“C’est ensuite que j’ai pris la décision de pratiquer le  vélo loisirs (cyclosportives, grimpées).”

Les performances sont au rendez-vous. 75è aux championnats de France de cross-country format court. Victoires à la Corima Drôme Provençale, GFNY Mont Ventoux, Duathlon de Valence, trophée des grimpées 74… Les terrains sont difficiles et Laure Anne est toujours devant. Pourtant, dans cette région, la concurrence est sévère.

Un système de détection perfectible

Nous vient alors, ce sentiment que quelque chose n’a pas fonctionné. Détectée comme une cycliste prometteuse, le système mis en place ne lui a pas permis d’évoluer comme il se doit. De nos jours, très peu de jeunes femmes poursuivent le vélo au delà de l’adolescence. Un système de sélection âpre et ardue est mis en oeuvre permettant de repérer les cyclistes les plus douées. Repérées et accompagnées dans les pôles espoirs. Le système laisse au bord du chemin des sportives brillantes à qui il faut donner du temps pour qu’elles progressent encore, guidées accompagnées. 

Une envie de progresser

Elle nous livre ses frustrations

“je pense que je pourrais encore  progresser. En revanche, je regrette de ne pas pouvoir m’entraîner davantage sur les routes de montagnes.Ce qui m’a permis d’évoluer dans ma pratique c’est de m’entraîner régulièrement et de contrôler mon alimentation la plus saine possible.”

Et c’est vrai que sur sa page instagram on découvre une jeune femme qui s’entraîne méthodiquement.

“Je gère mon entrainement seule,  je n’ai pas de coach, au feeling au jour le jour car je n’ai pas la chance d’avoir un club à proximité de chez moi, cette année je me suis  licenciée au Fontanil Triathlon. […] Mes sorties durent environ entre 1h30 et 2h rarement plus longue. Mais je regrette de ne pas avoir coach pour me conseiller”.l

Et la suite…

Laure-Anne Ferrent rêve de triathlon.

“Mon ambition, serait un jour de faire un half Iron Man pour me prouver que je suis capable de me surpasser et être finisher.”

La saison de cyclisme se termine. Laure-Anne vient de chausser ses “pointes”. La saison de cross country débute prochainement. Elle enchaîne les tours de piste.

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