Au cœur du peloton des championnats du monde UCI de VTT

Les championnats du monde UCI de VTT – catégories Masters avaient lieu du 15 au 18 juillet 2018 à La Massana en Principauté d’Andorre. Corinne Migot et Laurie Pujol étaient au cœur du peloton. Elles nous emmènent sur les pistes de ces championnats du monde tout en nous faisant découvrir leur passion pour la pratique sportive du vélo en plein cœur de la nature, hors des cadres, le VTT.

Deux sportives engagées, une source d’inspiration

Corinne Migot et Laurie Pujol sont de vraies sportives. Toutes deux, elles ont fait du vélo un art de vivre, une pratique sportive engagée. Elles ont participé toutes deux aux championnats du monde UCI de VTT catégories masters.

Corinne a pratiqué  le VTT en mode “nature et découverte” 23 ans puis la compétition à partir de 25 ans. En raison de problèmes de dos contractés à l’adolescence, elle a dû abandonner toute idée de compétition. Sportive dans l’âme, elle s’est orientée vers les raids Multi-sports durant 13 ans et les randonnées VTT. Elle a “un 

goût de l’effort et du défi plus qu’un réel appétit pour la mesure et la concurrence”. Un trait, selon elle, statistiquement plutôt féminin. Elle découvre le “sport nature” et ne cesse de le pratiquer sous toutes les formes.

Laurie, quant à elle, a pratiqué le hockey sur gazon à haut niveau. “J’étais en équipe de France de junior à senior jusqu’en 1991. Après des opérations à répétition au niveau des genoux, j’ai fait ma rééducation via le cyclisme. Mon beau-frère, ex professionnel de cyclisme sur route, m’a donné l’envie de faire de la compétition. Après 4 années de compétition en VTT en élite (meilleur classement 5è en coupe de France élite), je me suis tournée vers le cyclisme sur route. J’étais sur le plan national dans les 12 meilleures françaises ; j’ai arrêté ma carrière en 2001, le jour de ma 1ère sélection en équipe de France au tour du Québec. Malheureusement, je n’arrivais pas à associer ma vie de famille, ma vie professionnelle et le sport à haut niveau, j’ai fait comme on dit maintenant un « burn out ».

Les championnats du monde UCI Master

L’Union Cycliste Internationale (UCI) a créé une licence “master” dans le cadre de son activité “vélo pour tous”. Cela permet à des cyclistes de plus de 30 ans licenciés dans leur fédération nationale de participer à des compétitions donnant lieu à l’attribution d’un titre de champion du monde par catégorie d’âge.
Pour un cycliste amateur, ces séries sont intéressantes.
C’est une opportunité pour Corinne d’y participer, “de vivre une expérience unique, une de plus” dit-elle. Toulouse est proche d’Andorre “ce qui permet d’y participer entre copains de club”. Le seul regret, note Laurie, c’est le prix “le seul bémol, le coût de l’inscription de 100 euros, beaucoup plus élevé que les compétitions habituelles qui coûtent en général de 10 à 25 euros”. Pour autant, comme Corinne, habitant à 3 heures de l’événement, elle ne pouvait pas manquer l’opportunité, “c’était une occasion unique d’y participer, je ne pouvais pas manquer ce rendez-vous.

Les courses au programme de ces championnats du monde UCI de VTT

Corinne est une habituée des raids multisports et des randonnées VTT aux passages techniques. En participant à cette course, elle cherche quelque chose de différentune des différences avec le Cross-country (XCO), c’est l’intensité. Ce qui passe tout seul à un rythme contrôlé et choisi devient beaucoup plus compliqué à l’effort”. Pour l’occasion, elle roule sur un vélo de Cross-country prêté par un ami, “Cela rend les courses plus efficaces et plus fluides lors des changement de dénivelé, mais nécessite un pilotage plus fin et exigeant”. Elle ajoute “il faut accepter de tourner en rond sur des circuits de 4-5 km. Les amoureux de la nature repasseront : ces petites boucles souvent sympas font la part belle à la performance : comme en cyclo cross auquel je suis désormais adepte, on cherche l’efficience de tours en tours. Ce qui explique dans l’esprit, je pense, qu’il y ait peu de femmes sur les circuits XC ou cyclocross.

Laurie rejoint Corinne pour caractériser l’effort lors d’une course “Le XCO est un effort intense qui demande de l’endurance, de la force et de la vélocité ; le circuit mêle montées, descentes et passages techniques ; il n’y a pas de temps de récupération et on est « dans le rouge » durant toute la course, à l’inverse du cyclisme sur route (on peut récupérer en restant dans le peloton).” Elle décrit, aussi le VTT de descente faisant partie des courses au programme  “il faut avoir de grandes qualités techniques car les passages empruntés sont très pentues et difficiles à franchir. Il faut aussi beaucoup de folie et un brin d’inconscience. Je suis très admirative devant ces descendeurs ; je ne suis pas une grande technicienne.

Le VTT, un sport pratiqué par les femmes

La pratique du VTT est difficile. L’activité est physique. Elle est technique. De très nombreuses femmes le pratiquent, aimant, fort justement, l’engagement physique complet, dans un cadre naturel et sans la pression du peloton et de la compétition. Il est intéressant de noter que les taux de pratiquantes, licenciées sont plus élevés que dans le cyclisme traditionnel. On trouve un mouvement identique dans le domaine de la course à pied : certains trails accueillent plus de 40% de femmes.

Corinne débute le VTT dans les années 80, trouvant dans ce sport un moyen d’être au coeur de la nature, sans pression, avec des amis. Après plusieurs années sans faire de compétition, elle y revient aux courses VTT, passant tout d’abord par le chemin détourné du cyclo-cross qu’elle pratique en club.
Après une carrière de cycliste sur route de haut niveau, Laurie reprend le VTT après 15 années d’arrêt total du sport.
Avec l’appui de ma famille, j’ai repris le sport et le VTT en 2017 avec, de nouveau, le goût de la compétition. Le VTT est un sport ludique, qui permet de découvrir des endroits insoupçonnables et d’emprunter des chemins magnifiques.

La Massana, Un écrin naturel pour le VTT

Ces championnats du monde Master ont lieu dans la station de Montagne de La Massana (1 240 m d’altitude) en plein coeur de la principauté d’Andorre.  Le cadre naturel est exceptionnel. La Massana est un haut lieu du tourisme de montagne. Une station de ski équipée pour l’hiver et un espace aménagée pour les sports de loisirs de l’été. La station dispose d’un bike Park :  29 circuits de niveaux différents (21 de descente, 2 d’endurance, 4 de cross-country, 1 four-cross, 1 electric bike, 1 zone de pratique, 1 kids Bike Park et 1 pump track).

Corinne avait “eu la chance de venir reconnaître le circuit” deux mois auparavant. Le parcours “était parfait !!!!! Certes dur, mais équilibré sur les montées roulantes et des descentes techniques qui demandaient l’efficience sans être dangereuses : pas d’interminables montées, des virages relevés (un régal!), des marches naturelles et racines, des virages serrés… Un circuit pensé pour les spectateurs avec un visuel fréquent, et des accès nombreux. Nous avons eu la chance d’avoir un terrain impeccable après les grosses averses de la veille ! Chapeau à l’organisation.

Laurie confirme “Tout est fait pour faciliter l’accès aux pistes de VTT, que l’on soit simple pratiquant ou Vététiste chevronné ; j’ai ressenti une réelle culture du VTT dans cette station. C’est un lieu très emprunté aussi par les cyclistes. J’ajoute que de nombreuses féminines sont présentes sur les routes d’Andorre.

Corinne et Laurie au coeur du peloton

Non seulement la station est équipée pour le VTT mais l’UCI lui fait confiance pour y organiser, pour la 5e fois, une manche de la coupe du monde de VTT et lui confie l’organisation de ces championnats du monde Master. Vététistes de très hauts niveau et amateurs avertis s’y côtoient.  

Pour Corinne, “c’est l’opportunité plus que mon niveau qui m’a convaincue de venir. J’ai toujours terminé dernière de nos courses locales, mais je le vis bien ! Je me concentre sur mon objectif : être en mesure de prendre du plaisir dans mes courses en allant au bout de moi-même. Fatiguée des dernières semaines, la reco me rassure : physiquement épargnée et le vélo adapté sur un terrain magnifique. Sans être défaitiste, je connais le scénario avec ce gros dénivelé dès le départ. Je me fait vite gratter dans ces sections et reprends un peu dans les descentes. Douleur a 20 min de course pour 1H45 au total : je me bats plus contre ma douleur que contre les autres, mais aussi pour garder le rythme sur une course assez longue.  Je finis dernière, mais pas ridicule. Je suis contente d’avoir osé ce défi, et avoir rencontré, même rapidement, cette année ces filles qui seront devenues championne Master ! Cette expérience me donne confiance bien au delà du vélo pour un avenir proche : le courage c’est d’oser !

Laurie Pujol sur le podium des championnats du monde UCI

Pour Laurie, “Le parcours me plaisait car il faisait appel à la force et la vélocité par ses montées très raides ; sur le plan technique, les obstacles demandaient du relâchement et de la concentration : passages de marches et nombreuses racines en dévers. Le 1er tour, j’étais dans la roue de la 2de mais elle avait un très bon rythme et était meilleure technicienne que moi. La 1ère avait pris la tête dès le début, elle était au-dessus du lot. Durant les 2ème et 3ème  tours, j’ai géré mes efforts pour garder ma 3ème place. Il y a avait une argentine en embuscade qui voulait également cette 3ème place. Le public était nombreux et a beaucoup encouragé chaque participant. J’ai tout donné et, malgré la souffrance physique, j’ai vraiment pris plaisir durant cette course et au passage de la ligne d’arrivée”.

Même si le VTT est un sport pratiqué par de nombreux cyclistes, il reste relativement mystérieux pour ceux qui  ne le pratiquent pas. Avec nos deux sportives engagées et passionnées, Corinne et Laurie, nous sommes entrées au coeur de ce sport. Pas simplement des impressions mais une source d’inspiration pour celles et ceux qui veulent renouveler leur activité physique.

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